Maedhros le Grand, le fils aîné, amena ses frères à feindre de traiter avec Morgoth et à rencontrer ses émissaires au lieu convenu. Mais les Noldor n'avaient pas plus de confiance que Morgoth et leurs ambassades furent accompagnées de troupes plus nombreuses que prévu. Morgoth lui aussi était venu en force, avec des Balrog. Maedhros tomba dans une embuscade et tous ses soldats furent tués. Lui-même fut capturé par les troupes de l'ennemi et emmené à Angband. Morgoth fit savoir au Noldor qu'il ne le relâcherait que si ils déposeraient les armes mais comme ils étaient tenus par leur serment.
Alors le vaillant Fingon, le fils de Finarfin, décida de terminer la querelle qui divisait les Noldor avant que leur ennemi fût prêt à les attaquer. Car les terres du Nord tremblaient sous le tonnerre des forges souterraines. Jadis, aux temps heureux de Valinor, quand Melkor était captif, avant que ses mensonges ne les eussent désunis, Fingon vivait en grande amitié avec Maedhros, et s'il ignorait encore que Maedhros avait penser à lui avant que les navires ne fussent incendiés, le souvenir de leur amitié était vif à son cœur. Cala lui permit d'oser un exploit justement renommé entre les hauts faits des princes Noldor. Seul, sans aide de personne, il partit à la recherche de Maedhros et l'obscurité même ou Morgoth les avait plongés lui permit d'atteindre sans être vu les remparts de l'ennemi. Il monta très haut sur le Thongorodrim et ses regards désespérés fouillèrent un paysage désolé sans trouver de faille qui pût le conduire vers la citadelle. Alors, défiant le Orcs qui se terraient encore dans les cavernes obscure, il prit sa harpe et chanta une vieille chanson Noldor de Valinor, avant que leur querelle eût déchiré les fils de Finwë, et sa voix fit résonner les roches sinistres qui n'avaient jamais entendu que des cris de peur et de malheur. Car, soudain, bien lion au-dessus de lui, son chant fut repris et une voix l'appela comme en réponse. C'était Maedhros qui chantait dans la douleur. Fingon grimpa jusqu'au pied de l'escarpement en haut duquel son parent était cloué. Là, il ne put aller plus loin et il pleura en voyant la cruelle invention de Morgoth. Maedhros, dont la torture était sans espoir, priât Fingon de le tuer avec son arc, et Fingon sortit une flèche et banda sin arc, désespéré, puis cria vers Manwë :
Ô Roi à qui tous les oiseaux sont chers, fait voler ma flèche et trouve quelque pitié pour le Noldor dans leur malheur !
Sa prière fut vite exaucée, car Manwë à qui tous les oiseaux sont chers, eux qui lui portent sur le Taniquetil les nouvelles des terres du milieu, avait envoyé la race des aigles pour surveillé Morgoth et leur avait dit de s'établir dans les montagnes du Nord. Manwë n'avait pas abandonné toute pitié pour les elfes exilés, et les aigles lui avaient la plupart des tristes évènements du moment Alors au moment Fingon bandait son arc, Thorondor plongea du haut du ciel. C'était le roi des aigles, le plus grand des oiseaux qui n'ait jamais existé, et ses ailes déployées mesuraient trente toises. Il retint la main de Fingon, ses saisit de lui et le porta sur le rocher où Maedhros était enchaîné. Là, il fut incapable de détacher l'anneau infernal qui enserrait le poignet, ni de le briser ni de l'arracher à la pierre. Dans sa souffrance, Maedhros le supplia de l'achever, au lieu de quoi Fingon lui trancha le bras au-dessus du poignet et Thorondor les remporta vers Mithrim.
Le silmarillon