On raconte dans le Lai de Laithien, que Beren traversa Doriath sans encombre pour arriver au Etangs du Crépuscule et au Marais du Sirion, qu'il quitta le pays de Thingol et gravit les collines qui surplombent les chutes du Sirion, là ou le fleuve s'engouffre sous la terre avec un bruit de tonnerre, qu'il regarda vers l'ouest et qu'il pût voir, à travers le brouillard et la pluie qui enveloppaient les collines, Talath Dirnen, la pleine fortifiée qui s'étendait entre le Narog et le Sirion, et qu'il aperçut même dans le lointain les hauteurs de Taur-en-Faroth qui dominaient Nargothrond. Alors, proscrit, sans allié et sans aide, il se dirigea dans cette direction.
Les elfes de Nargothrond montaient sur cette plaine une garde vigilante : la moindre colline des frontières étaient surmontées de tours cachées des regards, les champs et les forêt étaient secrètement parcourus par des archers parmi les plus habiles. Leurs flèches étaient infaillibles et mortelles et rien ne pouvait même ramper sans leur permission. Beren s'était à peine avancé sur la route qu'ils le savaient et que la mort s'approchait de lui Mais il connaissait le danger et leva au-dessus de sa tête l'anneau de Felagund. Alors, sans qu'il vit un seul être vivant, tant l'adresse des chasseurs étaient grande, il sentit qu'on le surveillait et cria plusieurs fois :
-Je suis Beren, fils de Barahir, ami de Felagund. Menez –moi à votre Roi.
Les chasseurs ne le tuèrent pas, ils se regroupèrent pour lui tendre une embuscade et le contraindre à s'arrêter. Mais, en voyant l'anneau ils s'inclinèrent devant lui, bien qu'il fut en bien triste état, épuisé et hagard, puis ils le conduisirent vers le nord puis vers l'ouest, allant de nuit pour dissimuler leur but. Car il n'y avait a cette époque ni gué ni pont sur le Narog en face des portes de Nargothrond.
Le silmarillon